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Les oies

Quelques croquis d'oies, pour reprendre en douceur. Ces oies étaient rigolotes, avec des yeux bleus et oranges ! je me suis amusée à les faire cacarder. Oui, l'oie cacarde, cagnarde, criaille, glousse, siffle, au choix. 

Ca ressemble à un sifflement 'fftsss" un peu comme le 'th" anglais quand on ne sait pas trop le prononcer  (comme moi) :D

blog art dessin /  croquis oies domestiques

 

Et une peinture réaliste de William Adolphe Bouguereau (1825-1905) : La gardienne d'oies

Le testament d’Auguste Rodin – 1911

Blog art dessin / sculpture Rodin

 

  

 

   Si vous vous intéressez à l'art, vous l'avez surement déjà lu. Une petite piqûre de rappel fait tellement de bien !

   Je ne peux m'empêcher de le copier ici, je suis certaine que je le relirais plusieurs fois avec délice.

  Merci au commentaire de Ailurus qui me l'a fait relire :)  

   Je vous conseille d'y jetter un oeil ICI , on y parle du cours de Charles Bargue.

 
 
 
 
 
 
 
 
Testament
 
JEUNES GENS QUI VOULEZ ÊTRE LES OFFICIANTS DE LA BEAUTÉ, PEUT-ÊTRE VOUS PLAIRA-T-IL DE TROUVER ICI LE RÉSUMÉ D’UNE LONGUE EXPÉRIENCE.

Aimez dévotement les maîtres qui vous précédèrent.

Inclinez-vous devant Phidias et devant Michel-Ange. Admirez la divine sérénité de l’un, la farouche angoisse de l’autre. L’admiration est un vin généreux pour les nobles esprits.
Gardez-vous cependant d’imiter vos aînés. Respectueux de la tradition, sachez discerner ce qu’elle renferme d’éternellement fécond : l’amour de la Nature et la sincérité. Ce sont les deux fortes passions des génies. Tous ont adoré la Nature et jamais ils n’ont menti. Ainsi la tradition vous tend la clé grâce à laquelle vous vous évaderez la routine. C’est la tradition elle-même qui vous recommande d’interroger sans cesse la réalité et qui vous défend de vous soumettre aveuglément à aucun maître.
Que la Nature soit votre unique déesse.
Ayez en elle une foi absolue. Soyez certains qu’elle n’est jamais laide et bornez votre ambition à lui être fidèles.
Tout est beau pour l’artiste, car en tout être et en toute chose, son regard pénétrant découvre le caractère, c’est-à-dire la vérité intérieure qui transparaît sous la forme. Et cette vérité, c’est la beauté même. Étudiez religieusement : vous ne pourrez manquer de trouver la beauté, parce que vous rencontrerez la vérité.

Travaillez avec acharnement.

Vous, statuaires, fortifiez en vous le sens de la profondeur. L’esprit se familiarise difficilement avec cette notion. Il ne se représente distinctement que des surfaces. Imaginer des formes en épaisseur lui est malaisé. C’est là pourtant votre tâche.
Avant tout, établissez nettement les grands plans des figures que vous sculptez. Accentuez vigoureusement l’orientation que vous donnez à chaque partie du corps, à la tête, aux épaules, au bassin, aux jambes. L’art réclame de la décision. C’est par la fuite bien accusée des lignes, que vous plongez dans l’espace et que vous vous emparez de la profondeur. Quand vos plans sont arrêtés, tout est trouvé. Votre statue vit déjà. Les détails naissent et ils se disposent ensuite d’eux-mêmes.
Lorsque vous modelez, ne pensez jamais en surface, mais en relief.
Que votre esprit conçoive toute superficie comme l’extrémité d’un volume qui la pousse par-derrière. Figurez-vous les formes comme pointées vers vous. Toute vie surgit d’un centre, puis elle germe et s’épanouit du dedans au dehors. De même, dans la belle sculpture, on devine toujours une puissante impulsion intérieure. C’est le secret de l’art antique.
Vous, peintres, observez de même la réalité en profondeur. Regardez, par exemple, un portrait peint par Raphaël. Quand ce maître représente un personnage de face, il fait fuir obliquement la poitrine et c’est ainsi qu’il donne l’illusion de la troisième dimension.
Tous les grands peintres sondent l’espace. C’est dans la notion d’épaisseur que réside leur force.
Souvenez-vous de ceci : il n’y a pas de traits, il n’y a que des volumes. Quand vous dessinez, ne vous préoccupez jamais du contour, mais du relief. C’est le relief qui régit le contour.

Exercez-vous sans relâche. Il faut vous rompre au métier.

L’art n’est que sentiment. Mais sans la science des volumes, des proportions, des couleurs, sans l’adresse de la main, le sentiment le plus vif est paralysé. Que deviendrait le plus grand poète dans un pays étranger dont il ignorerait la langue ? Dans la nouvelle génération d’artistes, il y a nombre de poètes qui, malheureusement, refusent d’apprendre à parler. Aussi ne font-ils que balbutier.
De la patience ! Ne comptez pas sur l’inspiration. Elle n’existe pas. Les seules qualités de l’artiste sont sagesse, attention, sincérité, volonté. Accomplissez votre besogne comme d’honnêtes ouvriers.

Soyez vrais, jeunes gens. Mais cela ne signifie pas : soyez platement exacts. Il y a une basse exactitude : celle de la photographie et du moulage. L’art ne commence qu’avec la vérité intérieure. Que toutes vos formes, toutes vos couleurs traduisent des sentiments.

L’artiste qui se contente du trompe-l’œil et qui reproduit servilement des détails sans valeur ne sera jamais un maître. Si vous avez visité quelque campo santo d’Italie, sans doute avez-vous remarqué avec quelle puérilité les artistes chargés de décorer les tombeaux s’attachent à copier, dans leurs statues, des broderies, des dentelles, des nattes de cheveux. Ils sont peut-être exacts. Ils ne sont pas vrais, puisqu’ils ne s’adressent pas à l’âme.

Presque tous nos sculpteurs rappellent ceux des cimetières italiens. Dans les monuments de nos places publiques, on ne distingue que redingotes, tables, guéridons, chaises, machines, ballons, télégraphes. Point de vérité intérieure, donc point d’art. Ayez horreur de cette friperie.

Soyez profondément, farouchement véridiques. N’hésitez jamais à exprimer ce que vous sentez, même quand vous vous trouvez en opposition avec les idées reçues. Peut-être ne serez-vous pas compris tout d’abord. Mais votre isolement sera de courte durée. Des amis viendront bientôt à vous : car ce qui est profondément vrai pour un homme l’est pour tous.
Pourtant pas de grimaces, pas de contorsions pour attirer le public. De la simplicité, de la naïveté !

Les plus beaux sujets se trouvent devant vous : ce sont ceux que vous connaissez le mieux.

Mon très cher et très grand Eugène Carrière, qui nous quitta si vite, montra du génie à peindre sa femme et ses enfants. Il lui suffisait de célébrer l’amour maternel pour être sublime. Les maîtres sont ceux qui regardent avec leurs propres yeux ce que tout le monde a vu et qui savent apercevoir la beauté de ce qui est trop habituel pour les autres esprits.
Les mauvais artistes chaussent toujours les lunettes d’autrui.
Le grand point est d’être ému, d’aimer, d’espérer, de frémir, de vivre. Être homme avant d’être artiste ! La vraie éloquence se moque de l’éloquence, disait Pascal. Le vrai art se moque de l’art. Je reprends ici l’exemple d’Eugène Carrière. Dans les expositions, la plupart des tableaux ne sont que de la peinture : les siens semblaient, au milieu des autres, des fenêtres ouvertes sur la vie !
Accueillez les critiques justes. Vous les reconnaîtrez facilement. Ce sont celles qui vous confirmeront dans un doute dont vous êtes assiégé. Ne vous laissez pas entamer par celles que votre conscience n’admet pas.
Ne redoutez pas les critiques injustes. Elles révolteront vos amis. Elles les forceront à réfléchir sur la sympathie qu’ils vous portent et ils l’afficheront plus résolument quand ils en discerneront mieux les motifs.

Si votre talent est neuf, vous ne compterez d’abord que peu de partisans et vous aurez une foule d’ennemis. Ne vous découragez pas. Les premiers triompheront : car ils savent pourquoi ils vous aiment ; les autres ignorent pourquoi vous leur êtes odieux ; les premiers sont passionnés pour la vérité et lui recrutent sans cesse de nouveaux adhérents ; les autres ne témoignent d’aucun zèle durable pour leur opinion fausse ; les premiers sont tenaces, les autres tournent à tous les vents. La victoire de la vérité est certaine.
Ne perdez pas votre temps à nouer des relations mondaines ou politiques. Vous verrez beaucoup de vos confrères arriver par l’intrigue aux honneurs et à la fortune : ce ne sont pas de vrais artistes. Certains d’entre eux sont cependant très intelligents et si vous entreprenez de lutter avec eux sur leur terrain, vous consumerez autant de temps qu’eux-mêmes, c’est-à-dire toute votre existence : il ne vous restera donc plus une minute pour être artiste.
Aimez passionnément votre mission. Il n’en est pas de plus belle. Elle est beaucoup plus haute que le vulgaire ne le croit. L’artiste donne un grand exemple.
Il adore son métier : sa plus précieuse récompense est la joie de bien faire. Actuellement, hélas ! on persuade aux ouvriers pour leur malheur de haïr leur travail et de le saboter. Le monde ne sera heureux que quand tous les hommes auront des âmes d’artistes, c’est-à-dire quand tous prendront plaisir à leur tâche.

L’art est encore une magnifique leçon de sincérité.

Le véritable artiste exprime toujours ce qu’il pense au risque de bousculer tous les préjugés établis.
Il enseigne ainsi la franchise à ses semblables.
Or, imagine-t-on quels merveilleux progrès seraient tout à coup réalisés si la véracité absolue régnait parmi les hommes !

Ah ! comme la société se déferait vite des erreurs

et des laideurs qu’elle aurait avouées
et avec quelle rapidité notre terre
deviendrait un Paradis !

Auguste Rodin

Calligraphie arabe

 

J'ai fait une initiation à la calligraphie arabe, avec un pastelliste marocain : Salah Berhmani

J'aimerais en dire quelques mots, et vous montrer ce que j'ai fait car j'ai trouvé cette écriture fort intéressante et très belle. 

 

D'abord, c'était une grande découverte.

Salah Berhmani nous a expliqué que l'écriture arabe est faite de lettres, alignées sur une ligne. Les voyelles, se placent elles sous et au dessus de la ligne ! Rien n'étant simple, les lettres s'écrivent de façon différente selon qu'elles se trouvent en début, en milieu ou en fin de mot, ou alors isolées. 

Les voyelles arabes ne sont pas les mêmes que les voyelles françaises, certaines sont incluent dans le son des lettres. Ouf ! tout ça pour dire que j'ai un peu ramé. Car notre professeur attendait plus qu'un simple recopiage ! Il fallait comprendre et arriver par nous même à écrire certains mots. C'est aussi pour cela que c'était intéressant :)

Nous avons écrit au calame et à l'encre de chine. Il y avait des calames de toutes sortes, des fins, des épais.. et j'en ai essayé plusieurs. Certains glissent mieux que d'autres sur la page. 

Salah nous a aussi expliqué comment fabriquer notre propre calame : à la meuleuse  pour obtenir une belle courbe du bambou, bien fine, avant de la couper au cutter de biais. Attention au sens du biais, qui est très important !!

   

J'ai réalisé que celui que je me suis fabriqué pour dessiner, n'est en fait qu'un vulgaire bout de baton et n'a pas du tout la bonne finition. 

Nous avons aussi appris à écrire avec 2 crayons de graphite lorsque le calame fait défaut. 

Voilà, c'était très sympa. J'ai donc écrit mon prénom, et celui de mes enfants. Plus qu'écrire, j'ai vraiment eu l'impression de dessiner. D'ailleurs, cette écriture permet une grande liberté, chaque lettre peut être enjolivée, plus souple ou arrondie selon le goût et l'envie (et aptitude dans mon cas :P )

Charles Bargues - étude de pieds

Pour ceux qui ne connaissent pas Buridane : (et aussi ceux qui connaissent :P )

 

Je vous ai parlé de Charles Bargue. Peintre et lithographe, né en  1826 (ou 27), et mort en 1883. Il était élève de Jean Leon Gérôme. Connu de quelques connaisseurs et élèves d'art, il a dessiné des planches à partir de la statuaire antique et de dessins de maîtres, pour les écoles d'art appliquées, art commercial et décoratif de France. Il a dessiné certaines planches spécifiquement pour les écoles de beaux arts.

Les planches de Bargue ont été vendues par Goupil & Cie pendant une trentaine d'année à partir de 1890. Ces cours sont encore moins connus que ces peintures, hormis parmis les élèves de cours de dessin

 

.dessin bargue etude pied profil

 

Ce cours académique et traditionnel a été dispensé aux dernières générations  d'artistes figuratifs et s'est quasiement éteind entre 1880 et 1950.

Je continue de suivre ce cours. Après les yeux, profils et oreilles, j'attaque l'étude des pieds. S'en suivra une longues série sur les mains et bras.

Mon sentiment du moment sur ces planches : les dessins sont très idéalisés. Où alors les modèles l'étaient ? Il n'y a pas une véritable méthode de construction basée sur l'anatomie, mais plutôt sur la prise de repères face à un modèle. Dans un 1er temps j'ai appliqué à la lettre les conseils…  je trouve cela plutôt barbant et pas forcément très instructif.. hormis vouloir apprendre la reproduction à l'identique ?

J'ai donc décidé d'adapter la méthode pour moi. Je pars du modèle final plutot que des constructions proposées. Je regarde tout de même les constructions, mais je fais ma propre construction en fonction de ce que j'ai besoin.

Par contre, j'essaie de bien travailler les fondus entre les différents gris, et les nuances, notament intermédiaires qui manquent dans certains (la plupart même!) de mes dessins. Ce n'est pas flagrant sur ces pieds, il s'agit des premières planches dîtes faciles :D :D avec peu de nuances de gris. Ce travail occasionne aussi une recherche de médium, fusain, graphite, crayons de couleur ou pierre noire… j'essaie tout type de crayons pour trouver ceux qui permettront le meilleur dégradé, du gris clair au noir profond.
 

 dessin bargue etude pied talon

Illustrations livre enfant

illustration art dessins enfants

 

Quoi !!! … pas d'article depuis mardi ?! mais où ai-je la tête ? :D :D

Je me baladais à Paris, faisant le tour de quelques bouquinistes, une de mes activités favorites… et je suis tombée sur le catalogue d'exposition d'une illustratrice. Voici quelques'uns de ses dessins, un attendant un article plus étoffé.

J'adore…

illustration 2 art dessins enfants

Fragonard dessinateur, une belle expo !

Par hasard, vendredi soir je vois une affiche à Caen ‘Fragonard dessinateur’… non, je n’ai plus le temps d’y aller, départ prévu samedi matin 10h… non, je n’en démordrais pas, je pars à 10h….

C’est plus fort que moi… samedi à 11h j’entrais au musée, et vraiment c’eut été dommage de manquer cela ! Je ne connaissais pas trop Fragonard, mais alors quels dessins !

Tout d’abord, des grandes salles pour présenter ses dessins, et pas un chat ! C’est quand même très agréable de pouvoir regarder et examiner des dessins tranquillement.

Il y avait beaucoup de dessins à la sanguine : des paysages, des personnages. Ces paysages sont vraiment fabuleux, avec des arbres immenses, des cascades, des falaises, des bouts de ruines. J’ai bien attentivement observé comment il fait les feuillages, et aussi l’eau. Je me serais bien installée là pour dessiner, c’est surement le meilleur moyen d’apprendre.

Sa façon de représenter les personnages est aussi intéressante, avec juste quelques traits il suggère les corps et les visages, un bras avec juste la forme des muscles principaux et on y croit tout de suite.

Cela me fait penser un peu a des dessins de BD

J’ai observé aussi qu’il marquait un contraste important entre des zones à l’ombre et la lumière, et le feuillage très clair au lointain.

Regardez ça comme c’est beau !

J’ai bien aimé  une série de dessins d’enfants, toujours à la sanguine.

Et puis il y avait aussi des lavis, bien que certains étaient très clairs et semblaient avoir souffert du temps.

Allez, un petit dernier pour le plaisir :

J’ai d’autres dessins ou détails photographiés, si cela vous intéresses. Il suffit de demander :)

L’exposition est jusqu’au 18 janvier à Caen, et j’ai l’impression qu’elle se balade car elle a déjà eu lieu dans d’autres villes.

Voici un lien pour écouter une interview de Pierre Rosenberg, académicien, auteur du livre « Les Fragonard de Besançon »
je cite :  »

Pierre Rosenberg s’est attaché à étudier la totalité de cette collection (123 dessins, un pastel et 3 peintures). Dans ce livre, il rédige un commentaire des œuvres, propose une date d’exécution, établit une chronologie des œuvres, enrichissant ainsi profondément notre connaissance de cet artiste remarquable .

L’écriture picturale de Fragonard  s’impose par la dynamique du trait et un « coup de pinceau » préfigurant déjà l’art abstrait.
Mais Pierre Rosenberg déplore que Fragonard – à l’instar du XIIIe siècle en général – ne soit plus l’idéal artistique de notre époque. Évoquant son oeuvre, il souligne l’extraordinaire variété des techniques des dessins aussi bien que des sujets : paysages, portraits, scènes de genre plus ou moins lestes….
Il souhaite une réhabilitation de ce peintre qui « donne de la joie, de l’allégresse » ;  un peintre dont les dessins et tableaux « séduisent par leur virtuosité et leur élégance, leur charme et leur spontanéité. »

http://www.canalacademie.com/Les-Fragonard-de-Besancon.htm